Le Général KOPF Grand Officier de l' Ordre National du Mérite


général KOPF

Le Général de Division Alfred KOPF est né le 15 février 1918 à COLMAR dans le Haut-Rhin dans une famille alsacienne de vieille souche.

il effectue ses études secondaires au lycée Bartholdi de cette ville et ses études supérieures à la faculté des lettres de l’université de STRASBOURG.

Appelé au service militaire en septembre 1938, il suit les cours d’élève officier de réserve à l’école militaire d’infanterie et de chars de combat (E.M.I.C.C) à SAINT MAIXENT.

Nommé aspirant à la déclaration de la guerre contre l’Allemagne en début de septembre 1939, puis sous-lieutenant, il fait campagne sur les bords du Rhin et dans les Vosges avec le 42ème Régiment d’Infanterie de Forteresse.

Prisonnier de guerre à Saint-Maurice dans les Vosges le 27 juin 1940, il est renvoyé dans ses foyers par l’autorité militaire allemande le 2 décembre.

Démobilisé, il milite dans la Résistance en Alsace annexée. Il est placé en résidence surveillée à Triberg en Allemagne. Evadé en Suisse en juillet 1943, il est interné au camp de prisonniers de guerre des évadés des F.F.I, en suisse à Ganterschwyl canton de Saint-Gall. Il joue alors un rôle très actif dans le regroupement des alsaciens évadés en territoire helvétique, action qui aboutit en 1944 à la mise sur pied du Groupe Mobile d’Alsace (G.M.A) au sein de la 1ère Armée Française (1er et 4ème Bataillons de chasseurs à pied ) à ORNANS dans le Doubs.

Lieutenant commandant de la 3ème Compagnie du 1er B.C.P., il prend part à la Campagne d’automne du Jura et de la Haute Alsace qui libère MULHOUSE.

Affecté à l’Etat Major opérationnel du Haut-Rhin, aux ordres du Général Charles BAPS, il entre dans COLMAR sa ville natale le 3 février au matin le lendemain de sa libération et participe aux franchissements du Rhin au nord de NEUBRISACH les 22 et 24 avril 1945.

En octobre 1945, il épouse à COLMAR Nicole NOUVEAU originaire de VESOUL en Haute-Saône.

Intégré dans l’armée d’active depuis juin 1945, il rejoint la Légion étrangère à SIDI Bel ABBES en janvier 1946, d’abord chargé de la formation des sous-officiers au dépôt commun des régiments étrangers (D.C.R.E.) également officier des sports, il remporte avec son équipe le Championnat militaire de France de football de l’année 1947.

En 1948 et 1949, il passe 2 ans en Allemagne au sein des troupes d’occupation au 1er Régiment d’infanterie à ROTWEIL en forêt Noire, puis est admis à la 12ème promotion de l’école d’Etat-Major.

Capitaine en avril 1951, il embarque en octobre pour un séjour de près de 3 ans en Indochine :Commandant de la 3ème compagnie d’intervention du 1er Bataillon de marche d’extrême Orient (BMEO) en Cochinchine puis de la 9ème compagnie du régiment mixte du Cambodge ( R.M.C.)

A l’issue de ses temps de commandement, il est officier à l’Etat-Major opérationnel couvrant le centre CAMBODGE à TAKMAO puis à celui de PLEI-KU dans la zone montagneuse en ANAM. Il termine son séjour avec 4 citations, une blessure et la croix de Chevalier de la légion d’Honneur « pour services exceptionnels de guerre ».

Rapatrié, il est affecté au 3ème bureau de l’Etat-Major de la 4ème division d’infanterie motorisée( 4ème D.I. M) commandée par le général de Division Raymond PEDRON stationnée à FRIBOURG en BRISGAU dans le pays de Bade.

Il quitte les forces françaises en Allemagne (R.F.A.) avec cette grande unité dès août 1955 pour faire campagne en Oranie et au MAROC où il participe en particulier aux opérations de maintien de l’ordre à RABAT lors des évènements provoqués par le retour du Sultan Mohamed V en décembre 1955.

Il intègre la 70ème promotion de l’école supérieure de guerre en septembre 1956, il y est promu au grade de chef de bataillon le 31 mars 1958. A sa sortie, il sert à la division « Renseignements » chargée du « Monde germanique » de l’Etat-Major général de la défense nationale puis au Cabinet du Général inspecteur de l’infanterie.

De retour en ALGERIE en octobre 1960, il reçoit le commandement du 1er bataillon du 2ème régiment étranger d’infanterie à AIN-SEFRA dans le sud Oranais. Il participe à de nombreux engagements pour assurer l’étanchéité de la frontière algéro-marocaine dans l’Atlas Saharien. Il est cité 3 fois dont une citation à l’ordre de l’armée.

Affecté au printemps 1962 à l’état-major du corps d’armée d’ORAN, il assume les fonctions de chef du 3ème bureau pendant les derniers combats puis durant la délicate période de l’accession de l’ALGERIE à l’indépendance et du rapatriement du gros des forces françaises sous les ordres du Général de corps d’armée GINESTET, remplacé après son assassinat à ORAN par le Général de Corps d’armée DE BELLENET. Il y est promu au grade de Lieutenant-Colonel.

En janvier 1963, il rejoint les F.F.A. à Baden-Baden au poste de sous-chef du 3ème bureau de l’état-major du Général commandant en chef et commandant de la 1ère armée française intégrée au sein de l’OTAN, comprenant un corps d’armée français et un corps d’armée allemand. Il est promu au grade d’Officier de la Légion d’Honneur en 1963.

En juillet 1965, il est désigné pour prendre le commandement du 2ème régiment étranger d’infanterie (régiment du Sahara) qui a pour mission d’assurer la sécurité des sites d’expérimentations nucléaires et spaciales depuis COLOMB-BECHAR, HAMMAGUIR, BENNI-ABBES au nord, jusqu’à REGGAN et TAMANRASSET au sud. Avec son régiment (effectif 2400), il effectue les dernières manœuvres françaises au Sahara et en juin 1967, assure la fermeture des champs de tir sahariens en exécution des accords d’EVIAN. Il ramène le 2ème R.E.I sur la base de MERS EL KEBIR.

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En septembre 1967, il est de retour à BADEN-BADEN en qualité de chef du 3ème bureau de l’état-major du commandant en chef des F.F.A le Général d’Armée Jacques MASSU.

En septembre 1969, il participe à la création du commandement de la 1ère armée à STRASBOURG (général d’armée HUBLOT) hors OTAN et assume pendant 2 ans la direction de la division opérations en contact fréquent avec les niveaux de décisions élevés nationaux et OTAN.

A partir de septembre 1971, nommé Général de Brigade, il exerce pour deux ans le commandement de la 15ème brigade des forces de manœuvres à VERDUN (4ème division Général TOUSSAINT et 1er corps d’armée du Général de C.A LEFORT.) Il est promu Commandeur de la Légion d’Honneur.

Commandeur

Le 18 juillet 1973 sur le terrain de la Chaume près de Verdun, le Général de Corps d’Armée LEFORT, commandant le 1er Corps d’armée à Nancy, remet les insignes de Commandeur de la Légion d’honneur au Général Alfred. KOPF, Commandant la 15° Brigade, sur le front de l’ensemble des régiments de cette Brigade rassemblée en ordre de Bataille

A l’issue de ce commandement, il passe adjoint au Général de division HENRY, nouveau commandant de la 4ème division jusqu’à sa nomination en mai 1974 à la tête de la Mission militaire Française au LAOS en INDOCHINE.

Chef de la mission militaire française d’instruction auprès du gouvernement royal du LAOS (M.M.F.I.G.R.L) conseiller militaire du roi et de son Premier ministre , il est promu Divisionnaire.

Assurant d’une part la formation théorique et pratique des sous-officiers et officiers laotiens et entretenant d’autre part les meilleures relations avec les diverses instances américaines et chinoises implantées au LAOS, il est amené à intervenir au cours de l’année 1975 pour dégager le Général U.S . ROUND , chef de la mission militaire Américaine . Celui-ci en situation périlleuse, assiégé dans sa résidence par une foule hostile, fait appel à lui qui usant du seul prestige de la mission militaire française sur des assiégeants survoltés transformés en incendiaires, arrive à sauver le Général.

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En liaison étroite avec l’Ambassade de France, il assiste en « témoin agissant » à la fin de l’INDOCHINE libre et à sa prise en main par les soviétiques, ce qui se traduit vers la fin 1975 pour le LAOS par l’abdication du roi et la proclamation de la république démocratique et populaire laotienne.

Ne souhaitant pas voir ses personnels devenir les otages des nouveaux maîtres de l’Indochine communiste, il provoque la fin de la mission de la M.M.F.I/G.R.L et rapatrie sans encombre ses quelque cent cinquante personnels, derniers éléments actif de l’armée Française présente en Indochine depuis NAPOLEON III.

De retour en métropole au printemps 1976, après un périple « pacifique » le menant en Australie, en Nouvelle Calédonie et à Tahiti, il quitte le service actif pour se retirer à VESOUL (Haute-Saône).

Est élevé à la dignité de Grand Officier de l’Ordre du Mérite en 2008.

DECORATIONS

Commandeur de la Légion d’Honneur

Grand officier de l’ordre National du Mérite

Une blessure de guerre, il est titulaire de :

8 citations dont une à l’ordre de l’armée

Croix du combattant volontaire 1939-1945

Médaille française de la résistance

Médaille du réfractaire

Médaille des évadés avec lettre de félicitations

Médaille coloniale « E.O »

Médaille commémorative de la guerre de 1939-1945 « France » « Libération » « Allemagne »

Médaille commémorative « INDOCHINE »

Médaille commémorative A.F.N « ALGERIE » « MAROC »

Médaille de la défense nationale du CAMBODGE avec citation à l’ordre de l’Armée.

Bou-sfer, des éléments du 2° R.E.I seront déployés sur la base aérienne.

B.A Bou Sfer vue aérienne

La base aérienne 180 e Bou-Sfer puis base escale aérienne à partir de de janvier 1968 était située à l'ouest dans le périmètre de la base interarmées de Mers el Kebir.

En bas à droite le village de Bou-sfer. En haut la piste de 3000M

Entre les deux se trouvent les cantonnements de la base aérienne (sur la droite ) et du 1°R.E.C sur la gauche.

En haut tout à fait à gauche se trouve le camp du 2° R.E.P

Vesoul : Inauguration le 17 mars 2012 de la stèle réalisée par l Association Nationale des Anciens d'Indochine (70)

Remise des gerbes par les personnalités, le Général est au centre du dispositif

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Le Général est décédé le 24 janvier 2015 .

Obsèques émouvantes le 29 janvier en l'église du sacré coeur de Vesoul en présence d'un imposant parterre d'autorités civiles et militaires et d'un très nombreux public.

Les honneurs lui ont été rendus par une délégation de légionnaires du 2ème Régiment Etranger de Nîmes

et de très nombreux porte-drapeaux.

Il repose dans le vieux cimetière de Vesoul au côté de son épouse, Nicole

Curriculum vérifié par le général Alfred KOPF les photographies proviennent de sa collection privée, les insignes de corps sont ceux qu'il a porté.

Les photographies de la stèle et de son inauguration le 17 avril 2012 sont réalisées par l'Association Nationale des Anciens d'Indochine de Haute-Saône.

Assistance de la mémoire des anciens de la base aérienne 180 et archives personnelles d'anciens de l'ER 2/64 MAINE

Montage et prises de vues b.Perret 3/3/2013

Président(e) de la section

Mme Monique TACONET

Secrétaire de la section

M. Bernard PERRET